L'INGENIEUR ET LE DEVELOPPEMENT DURABLE
Ph Dondon © Copyright 2001
Développement durable : concept philosophique fumeux et utopique ou bien réalité de demain ?
Hélas, la question ne se pose pas tout à fait dans ces termes. Nous n'avons pas le choix. L'avenir de la planète et donc celui de l'être humain est en jeu. Un changement radical est nécessaire pour assurer la survie de notre monde. Tel est le formidable enjeu pour lequel les générations présentes et futures doivent consacrer toutes leurs énergies. Tout le reste n'est que pure occupation mesquine et médiocre de l'esprit humain.
Si l'être humain n'élève pas son
niveau de conscience et de responsabilité,
Entre 1930 et
Alors n'est il pas temps de faire quelque chose ?
C'est un concept né voici quelques années, et qui repose sur quelques considérations de bon sens que bien des tribus améridiennes et africaines appliquaient déjà sans le savoir il y a fort longtemps.
L'homme n'est pas au-dessus, ni à côté de
S'agit il pour autant de retourner à l'âge de pierre et metttre en oeuvre le mythe du bon sauvage en niant tout progrès ? Non, en aucun cas, car dans le concept, il y a la notion de développement d'une part et de durabilité d'autre part.
D'ailleurs, en ayant présent à l'esprit les citations qui suivent, vous aurez compris l'essentiel :
"L'Emerveillement est le premier pas vers le Respect." N. Hulot
"Nous empruntons
"Le progrès ne vaut que si il est partagé par tous"... (EDF)
"Produire plus est une nécessité mais sauvegarder l'environnement est vital"... (EDF)
"Nous sommes des citoyens du monde"
(Voilà qui remet en cause notre individualisme et notre égoisme grandissant de ce début de siècle !)
"De quel droit bétonnez-vous
et bitumez-vous
"Creuser et saigner
"L'homme moderne pourrait réduire sa Production (au sens le plus large) de 20 ou 30 % sans altérer notablement ses conditions de vie." Paul Emile Victor, dans les années 1975...
Il ne reste plus qu'à formuler ce concept du développement à long terme de fàçon un peu plus formelle. Il repose sur 9 principes de base :
Il devrait résulter de ces principes une réduction des prélèvements sur les
ressources naturelles minérales végétales et animales et une mutation
progressive des métiers de
Evidemment, cela n'est pas gagné : la surexploitation des océans, les catastrophes nucléaires, chimiques, les OGM, donnent tous les jours des exemples qui vont à l'encontre de ces principes. Par ailleurs, les démarches politiques (conférences de Rio et de Kyoto) n'ont pour l'instant pas réussi à dépasser les intérêts économiques court terme pour proposer une action globale et concertée. Mais une fois encore, nous n'avons pas le choix. Malgré les obstacles, il faut sans retenue ni état d'âme poursuivre les efforts pour valoriser et maintenir ce patrimoine commun qu'est notre Planète.
La situation, bien que complexe, devra évoluer de gré ou de force (pour reprendre les termes de N. Hulot) : Car si un taux de croissance positif est une bonne nouvelle d'un point de vue économique, c'est une catastrophe pour la planète... Cela amène à réfléchir à la notion de croissance et de richesse : Changer notre perception de la richesse et revenir à"la vie simple" serait bien utile : Si la richesse d'un pays (et du monde) se mesurerait en qualité de l'air que l'on respire, en qualité de notre environnement - notre seul patrimoine commun à toute l'humanité ? Et non, en réserves d'or ou en taux d' équipement des ménages en biens de consommation...
La fonte des glaces suite au réchauffement climatique est presque anecdotique. Ses conséquences sont ailleurs : Faudra t il attendre la réapparition de maladies parasitaires (paludisme et autre) sous nos lattitudes, le développement des allergies, asthmes et cancer pour enfin comprendre tout les méfaits engendrés ? Faudra t il attendre le passage de cyclones dévasteurs et de crues incontrolables ? La destruction des espèces végétales et animales, sources de tous nos médicaments, ne nous permettra plus de trouver de nouveaux remèdes... En citant N. Hulot : "La planète est plus petite qu'on ne le pense et les ressources ne sont pas infinies"
Il est grand temps de retrouver simplicité et humilité : Trop longtemps l'homme a cru pouvoir vivre à côté de la nature. Tous les jours, nous devrions rendre gloire à la "Pachamama"(la terre mère inca) qui nous nourrit et nous fait vivre. Il est tant de replacer l'homme à sa juste place dans la chaine du vivant. Comme N.Hulot j'ai eu la chance de prendre conscience de cela en campant en pleine brousse près de l'Okavango en 1998 : Un écosystème magnifique mais ô combien fragile et vulnérable.Et puis la fine de toile de tente est une protection bien faible face aux lions, hyènes et autres éléphants ! Et nulle réalisation humaine ne pourra égaler en beauté et en perfection, les constructions sublimes de la nature : Les chutes Victoria en sont un exemple extraordinaire : comment ne pas se sentir petit, tout petit, (et donc à sa juste place) émerveillé comme un enfant, devant un tel spectacle de la nature.
Par inconscience ou cupidité, nous détruisons, nous polluons sans laisser la moindre chance d'auto regénération aux forêts et aux océans ! "Que les abeilles viennent à disparaitre et la fin de l'homme ne sera pas loin" disait Einstein...
A chacun de nous d'agir dès maintenant, ou bien...
Homme de science et de culture, cadre dirigeant en entreprise, voire homme politique, l'ingénieur doit montrer l'exemple. Sa connaissance, son savoir technique, allié à un bon sens (normalement inné) sont des atouts majeurs.
Ils lui permettent de convaincre son entourage du bien fondé et de la nécessité du développement durable tant sur le plan qualitatif et affectif que quantitatif et scientifique.
Ils lui permettent de diffuser le plus largement possible l'information, de propager la connaissance pour faciliter l'évolution vers le concept de développement durable.
Ils lui permettent de faire "pression" pour qu'une décision soit
prise dans le respect du concept. Même si l'on touche là au débat du difficile
équilibre entre le politique et le scientifique, l'intérêt de
Qui, mieux que les ingénieurs pourraient être les moteurs de cette évolution indispensable ?
En tant que simple individu (citoyen devrais je dire) que puis je faire ? Et bien, savez vous que :
Et tant d'autres exemples mais rappelez vous , si parfois vous doutez de l'intérêt de votre modeste action, elle est certes une goutte d'eau mais c'est avec des gouttes d'eau que l'on forme les océans. Le changement ne peut se faire qu'en commençant par soi même.
Depuis l’avènement de notre société de consommation, nous utilisons l’énergie pour fabriquer et produire des objets qui eux même consomment de l’énergie (voiture, machine à laver etc). Certes, il faut aussi de l’énergie pour fabriquer des panneaux solaires et éoliennes. Et c’est un des reproches des détracteurs. Mais, toutes choses étant égales par ailleurs, ne vaut-il mieux pas fabriquer des objets qui produisent de l’énergie plutôt que des objets qui en consomment ? Notre industrie a les moyens matériels et humains pour le faire. Il suffit d’une forte incitation fiscale et de légiférer pour obliger les panneaux solaires sur tous les toits et terrasses, les isolations renforcées, en complément des normes HQE.
Evidemment,
on pourra toujours dire que, même si toute
le Cauchemar de Darwin de Hubert Sauper
Le syndrome du titanic de N Hulot et Le Lièvre
Une vérité qui dérange de Al Gore
Home de Yann Arhus Bertrand
Introduire le développement durable dans l'enseignement...
En commençant avec humilité, voici un texte de TP proposé à nos étudiants en 2006 avec l'aide de la société H-Tec, et l'appui bibliographique des 'Techniques de l'ingénieur" :
un TP sur le panneau solaire et la pile à combustible
Mais renseignez vous, partout de nombreux travaux ont déjà été engagés en Eolien et Solaire par les lycées techniques de St Malo, de Tarbes et d'autres établissements ... Les intiatives des uns et des autres formeront un jour, j'e l'espère, une grand fleuve....